Atelier Stokowski

Verre soufflé

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Dov Bezman.- Victor Stokowski qui êtes-vous ? Verrier, artisan, artiste ?

Victor Stokowski- La matière impose d'être les trois en un, je vis en permanence entre la technique l'expression et la découverte, depuis sept ans ma vie est une quête car j'ai autant d'attirance pour la technique que pour l'esthétique et la production. La création apparaît par l'expression de la matière dans le feu puis dans la lumière, c'est un mariage alchimique qui me fascine depuis mes 16 ans.

 

D.B.- Pourquoi cette passion a commencé dès l'âge de 16 ans ?

 

V.S.- Rien ne m'attirait particulièrement et en me promenant dans mon quartier je passais devant un atelier où l'on travaillait le verre, je proposai mes services pour aider Monica Guggisberg et Philip Baldwin qui produisaient leurs œuvres dans cet atelier, la vie d'atelier et la matière m'ont attiré, dans ce mariage je crois que c'est la matière qui m'a choisi, j'ai donc reçu une filiation artistique identique à celle de la renaissance vénitienne tout en découvrant l'art contemporain.

 

D.B.- Comment s'est déroulée cette évolution ?

 

V.S.- Au début j'étais un peu un homme à tout faire, j'ai commencé par une approche de la gravure jusqu'à la maîtrise de certaines techniques, puis ensuite j'ai découvert le feu et enfin, la mise en forme durant le soufflage, au cours de cette évolution j'ai participé à de nombreuses installations ce qui m'a permis de découvrir les variations d'expression de la lumière dans le verre.

D.B.- Votre connaissance des métiers du verre est-elle exclusivement française ?

V.S.- Non, elle est internationale, après la France j’ai travaillé en tout quatre ans au Pays de Galles, au Royaume-Uni, et j’ai participé à des expositions à Venise à Murano mais aussi en Suède, en Hollande, au Canada, en Suisse.

D.B.- Pourriez-vous définir votre obsession pour le verre ?

V.S.- Plusieurs éléments, tout d’abord la frustration dans les épreuves imposées par le verre, son travail nécessite la rapidité qui engendre l’instantanéité de la forme, on découvre une énergie donnée par cette instantanéité, on est fasciné, comme drogué, cette naissance de la forme et de la lumière dans la chaleur et le bruit me transcende et me fait basculer dans un autre monde, je deviens l’acteur et le spectateur d’un mariage alchimique.

 

D.B.- Le verre a-t-il des limites ?

V.S.- Non, y compris dans la laideur et la banalité, heureusement il n’y a pas de limite dans la beauté car elle évolue sans cesse, dans le verre les couleurs sont uniques parce que bloquées dans la lumière de la matière, ensuite les variations d’expression par la lumière rendent les couleurs vivantes à l’infini.

D.B.- Pour vous quelles sont les couleurs les plus expressives en ce moment ?

V.S.- Les noirs, les gris, les blancs et les ocres mais aussi les bleus de cobalt, c'est une couleur ancestrale et contemporaine, ces bleus sont rouges au feu, flamboyants, puis ils prennent leur couleur définitive, je les perçois comme indémodables, donc éternels.

D.B.- Que se passe-t-il quand on ne maîtrise pas totalement la couleur ?

V.S.- La couleur non maîtrisée engendre souvent du kitsch, elle détruit souvent la création en donnant un autre sens à la forme, dans le verre la puissance expressive de la couleur est forte, pour cette raison la maîtrise et le recul doivent être permanents.

D.B.- Quelles sont vos aspirations ?

V.S.- le verre est polymorphe, il a la capacité de devenir objet d'art, sculpture, objet domestique, tout dépend du créateur, si le créateur est capable d'insuffler un discours dans la matière alors l’œuvre devient autant une œuvre d'art qu'un élément décoratif, je suis toujours attentif  à l'aspect décoratif d'une pièce, que cette pièce soit issue d'une petite production ou qu'elle soit le fruit d'une création unique. J'aspire à la transmission d'émotions à travers la lumière de la matière.

Dov Bezman

Critique d’art

 

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